Pas « d’Œuvre » sans Paris

By Mazza — janvier 21, 2014

Paris, ses rues pavées et ses ponts. Ses odeurs et ses couleurs. Son spiritualisme et son magnétisme. Son inhumanité et sa bestialité. Sa cruauté et sa vanité. Paris merveilleux, Paris poétique. Paris dramatique, Paris maudit.

C’est tous ces attributs que Zola alloue à la capitale dans son roman « L’œuvre » (1886), quatorzième volume de la série « Les Rougon – Macquart ». Souvent comparée à un tableau « impressionniste », « L’Œuvre » dépeint la vie de Claude, un artiste bafoué, dont la passion pour l’art et Paris le mèneront à une incurable folie puis à sa dramatique perte. Bien que l’auteur concentre son attention sur la révolution artistique de l’époque, le Salon Officiel puis celui des Refusés, l’impressionnisme naissant et dérangeant, le désir insatiable de reconnaissance de la part du héros ainsi que sa détresse et sa descente aux enfers, la ville de Paris joue un rôle principal tout au long de l’intrigue.

A travers Claude, « artiste flâneur, amoureux de Paris », sans cesse émerveillé par ce paysage urbain, c’est Emile Zola qui déclare son admiration et son amour à cette ville. Les Quais de Seine, L’Ile de la Cité, Notre-Dame et le Pont des Arts, Montmartre et les Batignolles.   Grâce aux diverses descriptions qu’il en fait, Paris en devient personnifiée et prend la place centrale dans la vie de Claude, s’entremêlant avec son art sacré, la peinture.  C’est elle qu’il veut peindre, « la ville nue est passionnée, resplendissante d’une beauté de femme ». Paris l’impressionne et l’enivre.

« « Ah ce Paris… Il est à nous, il n’y a qu’à le prendre » […]  N’était-ce pas la gloire qui soufflait, du haut de cette avenue, sur la ville entière ? Paris tenait là, et ils le voulaient. « Et bien, nous le prendrons ! » ».

Mais Paris, c’est également une rivale à combattre pour Christine, la femme de Claude, soumise à sa folie dévorante. Cette ville qui les mènerait à une fin tragique lui fait peur, elle la voit comme « menaçante et dangereuse », mais elle n’a d’autre choix que de la confronter.

«  Claude, désespéré, s’arrêta. Il avait quitté le bras de Christine, il s’était retourné vers la pointe de la Cité. Elle sentait le détachement qui s’opérait, elle devenait très triste ; et, le voyant s’oublier là, elle voulut le reprendre […] Mais il s’avança jusqu’au milieu du pont. Elle dut le suivre. […] Claude ne l’écoutait toujours pas, ce cœur de Paris l’avait pris tout entier ».

Dans ce combat, la peinture et Paris l’emporteront définitivement sur la femme réelle.

Dans ce roman de Zola, La capitale Française qui aura passionné bon nombre d’artistes des XIXème et XXème siècles, n’est pas seulement un lieu où se tiennent l’action et le dénouement mais elle incarne surtout l’un des personnages principaux de l’intrigue, sans qui « L’Œuvre » n’aurait pu naître.

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