Sanne Sannes – the face of love à l’Institut Néerlandais

By nicar — novembre 13, 2013

Il aura fallu près de 30 années après le décès du photographe Sanne Sannes pour que son talent soit reconnu, subversif avant l’heure, dérangeant parfois, l’esthétisme et la sensualité qui se dégagent de ses clichés est une ode à la beauté féminine.

Lors de son décès en 1967, son talent commençait à être reconnu, bien que son non conformisme dérangeait à l’époque. Il n’a eu le temps de ne publier qu’un seul livre de son vivant, Oog om Oog (L’œil pour l’œil), en 1964, qui confronte ses nus photographiques aux poèmes d’Hugo Claus.

Deux ans après sa mort, Walter Steevensz compose et conçoit Sex à Gogo, une composition de différents travaux de Sanne Sannes dans une mise en page très particulière qui ne ressemble en rien à ce que Sannes a pu produire de son vivant. En 1972, un second livre post mortem reprend l’œuvre de Sannes : The face of love, dans une mise en page plus classique qui reprend celle de Oog om oog avec une photo par page.

Opnamedatum: 2007-10-11

Il s’en suivra une vingtaine d’années ou Sannes sombre dans l’oubli, son frère ayant hérité de l’intégralité de ses travaux n’acceptera que dans les années 90 d’ouvrir l’accès à cet héritage sous la pression de bon nombre d’historiens de la photo.

En 2004, c’est le couronnement de sa reconnaissance internationale lorsqu’il fût cité dans The photobook : a history de Martin Paar et Gerry Badger. En 2007, le Rijksmuseum d’Amsterdam acquiert quelques 400 photos de Sannes dont 184 pages d’une ébauche de livre appelé Dagboek van een erotomaan (Journal d’un érotomane). Celui-ci était visiblement le deuxième livre sur lequel travaillait l’artiste, malheureusement, nul ne sait à quelle point il était abouti ni même quel était l’ordre des pages retrouvées, le livre ne verra donc jamais le jour…

L’exposition présente différents tirages de l’artiste qu’il a réalisé aussi bien pour la presse à l’époque qu’à des fins artistiques. Pleins de sensualité, en rupture avec les conceptions photographiques de l’époque, il utilisait de nombreuses techniques pour faire vivre l’ambiance qui régnait et ce qu’il ressentait à l’instant du cliché. A l’aide de surimpressions, de flous, de grains grossiers, de collages ou plus simplement en griffant les négatifs, il a su mettre son talent au service de la beauté de ses modèles. C’est aussi grâce à cet anticonformisme assumé qu’il fut remarqué, en 1965 il était considéré comme l’un des talents montants de la nouvelle génération !

Les femmes et l’érotisme, thème récurrent de son travail, nous est présenté très sobrement à l’institut néerlandais jusqu’au 15 décembre dans le cadre du programme VIP de Paris Photo.

Informations pratiques :

Sanne Sannes – The Face of Love

13 novembre – 15 décembre

Institut néerlandais

121 rue de Lille

75007 Paris

Tous les jours sauf le Lundi de 13 heures à 19 heures

Plein tarif : 4€ / tarif réduit : 2€

Métro : assemblée nationale ou invalides

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À propos de l'auteur

Co-fondateur de Culturizme, culturellement curieux, parisien d’adoption, photographe à mes heures perdues, gamer insatiable.

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