La carte blanche du cabinet d’amateur, l’occasion de décoder le Codex Urbanus !

By nicar — novembre 09, 2013

Jusqu’au 17 novembre, le cabinet d’amateur a proposé à 12 artistes qui ont déjà occupé les murs du cabinet de parrainer 12 artistes de leur choix pour exposer. Nous avons profité de l’occasion pour rencontrer Codex Urbanus et essayer de comprendre et décrypter son bestiaire urbain !

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Codex Urbanus est un street artist qui peint directement sur les murs des animaux issus d’un mix de plusieurs animaux réels, créant ainsi une nouvelle créature directement sortie de son imaginaire à chaque nouvelle performance. Depuis 2011, il réhabilite sa faune personnelle dans l’univers urbain qui l’entoure.

Culturizme : D’où t’es venu cette idée de peindre des mix d’animaux ?

Codex Urbanus : Quand j’ai commencé à peindre dans la rue, je voulais faire quelque chose qui était à chaque fois unique tout en conservant une cohérence. Le problème quand tu dessines dans la rue c’est que tu es limité par l’espace, c’est compliqué de faire des trucs vraiment énormes au début, je faisais mes dessins sur des carreaux de porcelaine, j’étais donc limité par la taille de ceux-ci puis quand je me suis mis à dessiner vraiment dans la rue, tu es limité par le temps, c’est un délit, tu ne peux donc pas te permettre de rester la plusieurs heures… Par habitude, j’ai toujours dessiné soit des villes, soit des animaux. Avec les deux contraintes de temps et d’espace, j’ai tout de suite pris conscience que les villes ça ne serait pas possible, les animaux par contre ça m’a paru tout de suite une bonne idée. C’était indéfiniment déclinable, je voulais vraiment faire quelque chose de différent à chaque fois et ne pas me retrouver coincé dans quelques choses que j’aurais dû refaire encore et encore jusqu’à la fin de mes jours. Au moins comme ça, à chaque fois que je pars faire de nouveaux codex, je n’ai aucune idée de ce à quoi il va ressembler…

Culturizme : Tu ne fais donc aucun schéma, pas de repérage préalable pour te dire tiens je vais faire tel animal ici ? Rien n’est préparé ?

Codex Urbanus : C’est pas du tout prévu, en revanche dans la journée, parfois je me dis tiens ce soir, je vais poser deux ou trois codex, je le garde en tâche de fond, du coup c’est en fonction de mes envies, ça me travaille dans la journée, petit à petit une envie se « dessine » pour des tentacules ou des bois de cerf ou autre. C’est seulement une fois en face du mur que je me pose finalement la question du truc exact que je vais faire. Au début je ne voulais mixer que deux animaux, mais au final ça dépend vraiment du moment.

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Culturizme : Quelle est la signification du nom et du numéro que tu apposes aux côtés de chacun de tes dessins ?

Codex Urbanus : Le nom est simplement chaque nom latin des animaux qui composent la créature, le numéro a une logique, mais ça tu le découvriras plus tard !

Culturizme : J’ai l’impression, personnellement, que tu reproduis énormément de poissons ou d’insectes, il y a une raison à cela ?

Codex Urbanus : J’ai toujours était fasciné par les insectes, c’est pourquoi ils sont très présents dans ce que je fais, après j’ai toujours préféré les invertébrés à tous ce qui est vertébré, d’ailleurs je les représente mieux, c’est un domaine dans lequel je suis plus à l’aise. Après, c’est toujours décidé au dernier moment et ces derniers temps, c’est vrai que c’est souvent des mammifères, j’ai d’ailleurs eu des plaintes ! Une cliente d’une galerie m’a dit  qu’il y avait beaucoup trop de mammifères…

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Culturizme : Et les noms latins, ça vient d’où ?

Codex Urbanus : C’est un reste de ma passion pour les insectes de quand j’étais gosse, c’était aussi bien graphique que scientifique, quand tu t’y intéresses beaucoup, tu commences à comprendre les classifications qui sont en latin. De plus, j’ai fait latin jusqu’au bac, je ne le parle pas couramment, je n’ai pas fait de stage linguistique dans une famille d’évêques au Vatican, mais c’est quelque chose avec lequel je suis à l’aise, j’ai besoin de chercher le nom une fois sur deux sur internet, mais c’est quelque chose qui était déjà présent bien avant que je commence à dessiner dans la rue.

Culturizme : Chaque Codex est unique ou tu changes le numéro quand c’est un doublon ? Comment ça marche ?

Codex Urbanus : Chaque Codex est unique, aussi bien ceux fait dans la rue, que ceux fait en galerie, il m’arrive parfois d’en reproduire un, mais que dans le cas où il est effacé trop vite par la ville, il y en a un par exemple que j’ai fait trois fois, à chaque fois le lendemain il était effacé du coup je recommençais… Mais sinon chaque Codex a son emplacement, son nom, son numéro et il est unique.

Culturizme : Du coup le fait de les numéroter leur donne un côté collection, tu tiens un bestiaire ou quelque chose qui les regroupe tous ?

Codex Urbanus : Non, il n’y a rien qui les regroupe vraiment, je n’ai même pas des schémas ou autre de tous les Codex, puisque je ne les prépare pas, on peut les retrouver quasiment tous sur mon tumblr ou ma page facebook puisqu’en général, je les prends en photo le lendemain quand il fait jour, puis je les poste.

Pour sa part, Codex Urbanus a parrainé le graffeur Skio, qui a fait un passage remarquable et remarqué puisque sa toile fut la première vendue de l’exposition et avant même l’ouverture de celle-ci !

Il vous reste donc 8 jours pour vous rendre au cabinet d’amateur découvrir le travail de ces 24 artistes !

Si vous souhaitez découvrir le travail de Codex Urbanus, vous pourrez également vous rendre à  Akiza : la galerie à partir du 16 novembre pour une exposition sur le thème de l’alsace ou encore au cabinet d’amateur du 21 novembre au 6 décembre dans le cadre de l’exposition Ender : Anges et démons.

Nous remercions Codex Urbanus pour le temps qu’il nous a accordé et sa sympathie ! Nous vous tiendrons bien évidemment au courant de ses actualités.

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Informations pratiques

Le cabine d’amateur

12 rue de la forge royale

Métro Ledru Rollin ou Faidherbe Challigny

Liste des artistes présents à la carte blanche :

Eric Arbez présente Laoutec

Arnaud Boisramé présente Delphine Grenier

Fred Le Chevalier présente Aline Carpentier

Codex Urbanus présente Skio

Patricia Erbelding présente Julie Ramage

Joanna Flatau présente Filip Flatau

Levalet présente Mathilde Cinq-Mars

Hélène Lhote présente François Schnepp

Ricardo Mosner présente Béatrice Turquand d’Auzay

Paella présente Nathaly Hertwig-Gillet

Simon Pradinas présente Baldo

Suriani présente No Rules corp

Plus d’informations sur la carte blanche : https://www.facebook.com/events/419822088119684

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À propos de l'auteur

Co-fondateur de Culturizme, culturellement curieux, parisien d’adoption, photographe à mes heures perdues, gamer insatiable.

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