Roy Lichtenstein au centre Pompidou

By nicar — août 06, 2013

Depuis le 3 juillet, le centre Pompidou présente la première rétrospective française sur les travaux de Roy Lichtenstein. L’artiste surtout connu pour ses tableaux aux airs de comics nous montre un autre visage tout au long de cette rétrospective, celui d’un artiste pop, post moderniste, fortement inspiré par son époque, le monde qui l’entoure et les différentes rencontres qu’il aura pu faire au cours de sa vie.

La rétrospective découpe les différentes époques de la vie de Lichtenstein en fonction de ses inspirations. On découvre notamment que dans les années 50, Lichtenstein réalisait plutôt des peintures figuratives, il s’essayait à différents média, on peut y découvrir ainsi de petites sculptures, des gravures… C’est dans les années 60 qu’il commence à utiliser les codes de l’illustration commerciale en s’inspirant de bandes dessinées ou de publicités de l’époque. En 1961 c’est avec « Look Mickey » réalisé à partir d’un livre pour enfants que l’on sent la rupture avec ses projets passés et que l’on découvre les prémices de ses travaux futurs.

Look MickeyLook Mickey [Regarde Mickey], 1961 Huile sur toile 121,9 x 175,3 cm National Gallery of Art, Washington, Dorothy and Roy Lichtenstein Gift of the Artist, in Honor of the Fiftieth Anniversary of the National Gallery of Art © Estate of Roy Lichtenstein New York / ADAGP, Paris, 2013

Lichtenstein va ensuite se concentrer sur des stéréotypes de l’imagerie commerciale tout en s’éloignant des icônes et des marques, fini les représentations de Mickey ou Popeye. En parallèle, à partir de 1962 il travaille également des scènes de batailles rappelant la peinture d’histoire mais en conservant les codes qui ont finalement fait sa réputation (couleurs criardes, textes façon bandes dessinées…).

Purchased 1966¬© Estate of Roy LichtensteinWhaam!, 1963 Huile et Magna sur toile Deux panneaux : 172,7 x 203,2 cm chacun Tate Purchased 1966 © Estate of Roy Lichtenstein New York / ADAGP, Paris, 2013

Bien que Lichtenstein se soit limité à quatre couleurs dans la majeure partie de ses œuvres, la troisième salle nous présente des techniques un peu différentes, notamment des essais représentant un coucher de soleil avec différents médiums, différentes techniques dont l’utilisation du Rowlux, qui donne un côté cinétique à son tableau ! C’est finalement « Sunrise » qui en 1965 restera comme l’aboutissement final de ces recherches. Cette salle est également l’occasion de découvrir que Lichtenstein était beaucoup plus intéressé par la forme que par le sujet qu’il peignait. On y apprendra notamment qu’il retournait les chevalets sur lesquels il travaillait, après avoir défini les contours de son sujet, afin de perdre le côté figuratif et de se concentrer sur l’harmonie générale. Il dira lui-même : « Ce ne sont pas les sujets qui retiennent mon attention« .

SunriseSunrise [Lever de soleil], 1965 Huile et Magna sur toile 91,4 x 172,7 cm Collection particulière © Estate of Roy Lichtenstein New York / ADAGP, Paris,  2013

C’est en 1963 que Lichtenstein débutera sa série de travaux la plus représentative, celle qui est dans nos esprits quand on parle de l’artiste, les portraits de femmes. Issus de différentes bandes dessinées à l’eau de rose de l’époque, représentant des scènes ou la tension est palpable comme dans « hopeless » ou « Oh, Jeff… I Love You, Too… But… ».

Oh JeffOh, Jeff… I Love You, Too… But… [Oh, Jeff… Je t’aime, aussi… Mais…], 1964 Huile et Magna sur toile 121,9 x 121,9 cm Collection Simonyi © Estate of Roy Lichtenstein New York / ADAGP, Paris, 2013

Nous pouvons découvrir un peu plus loin que l’artiste a aussi réalisé des reproductions d’œuvres d’artistes qu’il a rencontré comme Picasso, Mondrian ou encore Cézanne. Pour ces reproductions, il conserve à chaque fois son style personnel en reprenant les thèmes d’inspiration et les codes de ces artistes ce qui permet de les identifier. Cette partie de l’exposition est très intéressante et permet de découvrir l’intérêt de l’artiste pour le travail de ses pairs et ses recherches stylistiques. J’ai d’ailleurs trouvé très intéressant de voir les différentes déclinaisons de tableaux connus qu’il a pu réaliser ou encore le cheminement de ses recherches notamment avec « Bull » où un taureau est représenté progressivement de façon figurative jusqu’à l’abstraction la plus totale. Entre 1973 et 1980, Lichtenstein élargira sa « révision » de l’histoire de l’art en s’inspirant de bon nombre de mouvements tels que le cubisme, le futurisme ou encore le surréalisme. Mélangeant les styles et les clins d’œil à des peintures célèbres d’acteurs majeurs de ces mouvements.

bullBull, Roy Lichtenstein, 1973, vue de l’exposition

L’exposition présente également des créations à la frontière entre la sculpture et la peinture, le format de l’œuvre étant directement en rapport avec le sujet. Loin de se contraindre au simple et classique format rectangulaire, Lichtenstein a réalisé de nombreux tableaux ovales ou utilisant des formes complexes telles que « Lamp II », sculpture mélangeant du bronze peint et du bronze patiné.

Lamp IILamp II [Lampe II], 1977 Bronze peint et patiné 219,1 x 70,2 x 44,8 cm Édition 1/3 Collection particulière © Estate of Roy Lichtenstein New York / ADAGP, Paris, 2013

A la fin de sa vie, en grand amoureux des estampes, il reviendra à ses premiers amours, s’inspirant des peintures chinoises de la dynastie Song (Xe – XIIIe siècles), Lichtenstein réalise une série de tableaux reprenant les formats et l’esthétique de ces paysages réalisés à l’encre de chine. On retrouve les codes de Lichtenstein notamment les points avec lesquels il joue, avec leur couleur mais aussi avec leur taille pour donner du relief au tableau. Ces grands formats m’ont personnellement beaucoup plu et montrent une facette différente de l’artiste.

L’exposition est une franche réussite, on prend énormément de plaisir à voir les portraits de femmes pour lesquels on connait Lichtenstein, tout en découvrant ses autres facettes, loin d’être inintéressantes, elles donnent clairement envie d’en découvrir encore plus sur l’artiste. Malgré la centaine d’œuvres présentées, on reste presque sur sa faim tant l’exposition nous montre combien l’artiste était productif !

Informations pratiques

Centre Pompidou

19 Rue Beaubourg

75004 Paris

Métro  Hôtel de Ville, Rambuteau

Horaires Exposition ouverte tous les jours de 11h à 21h, sauf le mardi

Ouvertures anticipées dès 10h  les samedis et dimanches  pour les laissez-passer annuel  du Centre Pompidou  et les billets achetés en ligne

Tarifs 11 à 13 euros, selon période tarif réduit : 9 à 10 euros

Valable le jour même pour le Musée national d’art moderne et l’ensemble des expositions

Accès gratuit pour les adhérents du Centre Pompidou  (porteurs du laissez-passer annuel)

Mise à jour du 16 septembre : face au succès de l’exposition, celle-ci sera ouverte en nocturne à partir du 18 septembre jusqu’au 4 novembre.

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À propos de l'auteur

Co-fondateur de Culturizme, culturellement curieux, parisien d’adoption, photographe à mes heures perdues, gamer insatiable.

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  • Roy

    Une medium, des media (et non des mediums)

    • http://caronicolas.com nicar

      Merci pour ta remarque Roy, c’est corrigé!


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