Je suis amoureuse d’un homme mort qui avait de grandes oreilles sinon je vis à Paris et je cherche un job de maître du monde

By La Comtesse — février 04, 2013

Je n’aime pas trop les grandes oreilles mais j’aurai volontiers fait un effort pour Pierrot Desproges s’il n’était pas mort d’un cancer. Et puis on aurait fait recoller les oreilles de nos enfants ils font ça très bien maintenant, voyez le petit de ma voisine Brigitte, en 24h ils l’avaient refait, bon après le gamin a dû porter un bandana pendant un mois rapport à la fragilité des tissus de l’oreille rapport à l’opération et finalement à l’école ils se moquaient tous de lui donc je ne sais pas trop si je suis pour ou contre l’opération. Ben oui parce que le petit il est plus très loin de perdre son hétérosexualité tant sa virilité a été remise en cause par ce bandana. Et dans le contexte actuel c’est compliqué à gérer parce que s’il ne peut pas se marier ma voisine Brigitte à qui elle va léguer sa broche en plaqué or héritée de sa mère.

Mais bon Pierre est mort, je n’aurai donc pas d’enfant de lui qui auraient eu de grandes oreilles, quand j’y pense ça me rend un peu triste et je mange trop de golden grahams mais je l’aime d’amour quand même.

D’abord parce qu’il parle très bien des taches de rousseur et que ma peau en est criblée et puis aussi parce qu’il est misogyne comme tout et que moi aussi dès qu’une fille a le mauvais goût d’être mieux gaulée que moi et puis surtout pour son dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis.

Je me suis toujours un peu prise pour la crème de la crème alors évidemment un livre avec un titre pareil ne pouvait que me plaire.

En réalité je ne vis de rien du tout, j’écris des tas de bêtises pour me donner l’impression de maitriser au moins le clavier de mon ordinateur et c’est assez enivrant de me dire que dans le pire des recours je pourrais vendre mon corps pour faire bouillir la marmite (en réalité je pourrai pas parce que bon mon éducation catholique me nourrit d’un permanent sentiment de culpabilité vis à vis de mon corps et de mon rapport de pècheresse que j’entretien avec des humains habituellement de sexe masculin)

Je me sens un peu comme une Cosette (la vraie Cosette celle des misérables hein pas celle du magazine Causette parce que bon comme je suis mysogine elle et moi on n’est pas trop compatibles) des temps modernes qui n’aurait que ses beaux yeux pour pleurer et son MacBook pro acheté à crédit pour espérer un avenir plus friqué.

Bon il y a encore une solution c’est aller vivre en province où ton loyer ne te coûte pas 70 pourcent de ton salaire mais en réalité je préfère encore ne pas travailler que de payer un loyer modéré.

La province n’a rien contre Paris c’est les parisiens leur problème.

 “D’abord ils se prennent pour qui?

Et puis ils ont un club de foot plus Qatari que français.

De toute manière le gouvernement est pourri et le gouvernement est à Paris. Coïncidence ? Je ne crois pas non.

Les parisiens se résument finalement à un tas de prétentieux blancs bidet qui portent de la lunette de soleil ray ban vintage, à Deauville en hiver, à Biarritz en été et à Berlin en automne.

Le parisien a du fric aussi, d’ailleurs le parisien la crise il en a jamais entendu parler

J’ai grandi en province et je vis à Paris.

Mon dieu la seule solution que j’ai trouvé à cet épineux problème du double discours en fonction des gens que je fréquente est la schizophrénie et ça marche plutôt bien.

Ça évite la routine un peu aussi quoi.

Quand des fois le pôle emploi s’escrime à ne pas me trouver d’emploi de directeur du monde pour un salaire scandaleusement élevé alors j’appelle au bercail pour me faire plaindre un peu.

Ils compatissent tous très fort parce qu’en plus tout le monde sait qu’il fait toujours nuit à Paris tellement le temps y est dégueulasse.

Et puis quand tout va bien, qu’il fait beau que je sirote un thé à la menthe en terrasse à Ménilmontant que mon compte en banque n’est en négatif que de 400euros et que mes copines restées en région m’appellent pour me raconter que la vie est un grand bol de merde parce que le citram ne passe pas pour cause de grève et qu’elles sont coincées pour les 5 jours à venir dans la maison campagnarde, je me sens plus attachée à Paris que les gamines de châtelet-les halles à leur BlackBerry.

Je crois que cette intro a été suffisamment longue pour perdre en route tous les gens qui ont de vraies obligations dans la vie et ne peuvent pas perdre leur temps à lire une adulescente qui de surcroît à un style un peu lourdingue tant il est parlé.

Je vais donc maintenant m’attacher à vous raconter Paris à travers le prisme schizophrénique de ma vie.

Ma haine de Paris étant souvent proportionnelle à la quantité de nuages qui transforme le ciel en une chape de plomb et ma joie de tutoyer cette ville à la propension de ses nuits à produire de la musique avec plein de voix pichées qui font bouger nos boules sur des rythmes fous.

Je vous raconterai désormais Paris ce que j’y vis, la vraie histoire pas celle glamour du parisien toujours en vadrouille pour finalement éviter de mettre les pieds dans ce Paris dont il parle  en fin de soirée comme si c’était l’endroit le plus extraordinaire du monde à toutes filles qui ont le fard à paupière qui est descendu sur les cernes ce qui est un signe de fort taux d’alcoolémie dans le sang et peut être donc une possibilité de condenser les différentes étapes de la séduction en un seul dernier verre pour accéder à un coït rapide et hormonalement régulé par la pilule de manière à ne plus prendre plus de responsabilité que ça.

Je vais vous raconter “Paris ville de France aux murs chargés d’histoire et aux sols couverts de crottes de chiens P.D

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